Article de Komune Média
Les nouveaux masques de l’extrême droite : féminisme, écologie, antiracisme (Partie ½)
À l’approche des élections municipales, l’extrême droite recycle de plus belle les luttes féministes, antiracistes, LGBTQIA+ et écologistes pour servir un projet identitaire excluant.

A l’aube des élections municipales les 15 et 22 mars prochains, tous les partis politiques peaufinent leur programme. (Au fait, si vous n’avez pas eu le temps de vous inscrire sur les listes électorales en ligne, vous pouvez le faire dans votre mairie jusqu’au 6 février !)
Des programmes qui divergent, mais qui partagent pourtant un point commun : l’écologie. Encore faut-il s’entendre sur ce que chacun met réellement derrière ce mot. Même le Rassemblement national affiche désormais une ligne se réclamant de “l’environnement pour une écologie française”. Un positionnement qui peut surprendre, tant le RN s’est historiquement opposé aux luttes écologistes.
Et l’écologie n’est pas la seule cause dont s’empare aujourd’hui l’extrême droite. Ces dernières années, le Rassemblement national, principal parti d’extrême droite, a progressivement intégré à son discours des notions issues du féminisme, de l’antiracisme (notamment de la lutte contre l’antisémitisme) ou encore des luttes LGB (pour “Lesbiennes”, “Gays” et “Bisexuel·le·s”, et non pas LGBTQIA+, car l’idéologie du parti rejette les identités de genre).
Pourtant, ces notions et l’idéologie d’extrême droite semblent difficilement conciliables. Effectivement, la genèse du RN, tout comme de nombreux discours et décisions politiques témoignent d’un positionnement opposé à ces combats.
Alors pourquoi ces termes sont-ils désormais omniprésents dans les discours de l’extrême droite ?
Une opération de normalisation bien rodée
Ces dernières années, le Rassemblement national s’est en effet approprié ces causes à l’issue d’un long processus stratégique de dédiabolisation (normalisation/ banalisation) du parti.
Il cherche à se positionner comme le défenseur des luttes féministes, écologiques, LGB ou contre l’antisémitisme, en adoptant des discours supposément favorables aux droits et à l’émancipation.
Mais en réalité, cette posture sert avant tout à alimenter leur agenda raciste, sécuritaire et islamophobe.
Quand le féminisme devient un outil sécuritaire
Sous couvert de protection des femmes ou des personnes LGB, l’extrême droite alimente des politiques anti-immigration et désigne un bouc émissaire. Les discours sont détournés pour pointer du doigt un oppresseur fantasmé, incarné par la personne non blanche, l’homme “étranger”, issu de l’immigration. Sous prétexte de protéger les femmes et les personnes LGB, l’extrême droite s’approprie les luttes féministes pour légitimer ses obsessions identitaires.
