Article de Komune Média
Grosse surprise concoctée par Komune, pour vous !
L’été est là, vous êtes peut-être déjà parti.e en vacances, si c’est le cas, on vous souhaite de passer de bons moments.

L’été est là, vous êtes peut-être déjà parti.e en vacances, si c’est le cas, on vous souhaite de passer de bons moments. Si ce n’est pas le cas, courage ! On a d’ailleurs une nouvelle qui va sûrement vous réjouir. On vous en dit plus tout de suite, bonne lecture !

⬆️ Oui oui, on organise un événement avec un concert de Médine, le 22 septembre à Petit Bain !
Si vous ne connaissez pas Médine, ce n’est pas grave (il y aura aussi du stand-up, des prises de parole inspirantes et une première partie de l’artiste Nephtys. On vous en dit plus à la fin de cet article).
Mais le plus important, c’est que cet événement est en soutien à SOS Méditerranée, une ONG de recherche et de sauvetage qui mène des missions avec son navire l’Ocean Viking pour sauver les personnes qui tentent de traverser la Méditerranée centrale. Pourquoi avons-nous choisi de soutenir cette ONG en particulier ?
Depuis 2014, les équipes de SOS Méditerranée ont sauvé plus de 40 000 personnes. Comme la plupart des autres ONG de sauvetage, SOS Méditerranée opère en Méditerranée centrale qui relie les côtes libyennes et tunisiennes aux côtes italiennes. C’est la route maritime la plus mortelle au monde ; plus de 23 000 personnes y ont perdu la vie depuis 2014.
Le travail de ces ONG répond donc à une crise humanitaire en Méditerranée. Pourtant, il est visé par de nombreuses fake news, dont une en particulier que nous allons décrypter.

Fake news :“La présence de navires de sauvetage en Méditerranée encourage les personnes migrantes à tenter la traversée pour rejoindre l’Europe”
Plusieurs études, dont celle-ci : “Search-and-rescue in the Central Mediterranean Route does not induce migration: Predictive modeling to answer causal queries in migration research” (La recherche et le sauvetage sur la route de la Méditerranée centrale n'induisent pas de migration : La modélisation prédictive pour répondre aux questions causales dans la recherche sur les migrations), menée par 4 scientifiques : Alejandra Rodríguez Sánchez, Julian Wucherpfennig,Ramona Rischke et Stefano Maria Iacus, a démontré que les dispositifs de recherche et de sauvetage, en Méditerranée centrale, comme les bateaux des ONG humanitaires, n'influencent pas le nombre de traversées.
Ils s’appuient, entre autres, sur l’exemple concret de Mare Nostrum. C’est le nom de la mission de sauvetage maritime lancée par l'Italie en octobre 2013 qui s’est terminée en octobre 2014. Elle a été lancée suite de plusieurs tragédies maritimes en Méditerranée, notamment le naufrage de Lampedusa en octobre 2013, où plus de 360 personnes ont perdu la vie. Quand l’opération de sauvetage Mare Nostrum s’arrête, le nombre de départs a augmenté alors qu’il n’y avait plus de navires de sauvetage en Méditerranée centrale.
De plus, il faut garder en tête que les sauvetages concernent peu de personnes qui tentent la traversée : en 2023, sur le nombre total de personnes arrivées en Italie, seules 10% ont été secourues par les navires des ONG présentes.

Ce qui influence les traversées vers l’Europe c’est :
d’abord les causes de départ du pays d’origine comme la guerre, la précarité socio-économique, les persécutions, la volonté d’un avenir meilleur, etc
c’est aussi le contexte libyen : les personnes migrantes n’y sont pas en sécurité. L’ONU a dénoncé à plusieurs reprises les violations de droits humains, notamment des cas de torture, de trafics d’être humains, ou de travail forcé à l’égard des personnes migrantes. Maintenant, de nombreux départs se font de la Tunisie. Le pays a été ciblé par plusieurs ONG de défense des droits humains qui dénoncent les violations de droits humains comme par exemple la déportation de personnes migrantes depuis les villes vers le désert tunisien.
Le choix du pays dans l’Union européenne dépend ensuite d’autres facteurs comme l’existence d’opportunités professionnelles, notamment dans les secteurs en tension, l’existence de liens sociaux, la maîtrise de la langue, etc.
Il s’agit donc d’une fakenews, parmi beaucoup d’autres, qui a pour but de criminaliser les actions de ces ONG.
Pourtant, elles ne font que répondre à une crise humanitaire en respectant strictement le droit maritime qui impose à tout navire de porter assistance à toutes personnes en détresse en mer et de les débarquer dans un “lieu sûr”.

Cependant, l’urgence n’est pas au rendez-vous des agendas politiques européens.
En plus d’être la cible de fake news, renforcées par les discours des partis d’extrême droite européens, les ONG de sauvetage font face à l’inaction de l’Union européenne. En 2024, le Pacte européen sur la migration et l’asile est adopté. S’il aborde la question de la solidarité de l’accueil entre les pays membres à travers un nouveau mécanisme (voir newsletter du 24 juin 2024), il ne répond pas à l’urgence humanitaire en Méditerranée. Sophie Beau, directrice et co-fondatrice de SOS MEDITERRANEE, s’est exprimée sur le sujet.
“Le Pacte Asile et Migration n’apporte pas le moindre élément pour prendre en charge ou faciliter le sauvetage en Méditerranée. Et malgré son inefficacité démontrée par les faits au cours des dernières années et les violations du droit international qu’elle implique, la politique d’externalisation des questions migratoires par l’Union européenne semble le seul cap politique envisagé. De nouveaux accords ont été signés avec la Libye et la Tunisie, faisant fi du droit maritime et du droit humanitaire international. D’autres se profilent avec l’Égypte, le Maroc, la Mauritanie… Nouvelle étape dans cette direction, l’Italie s’apprête à délocaliser en Albanie le débarquement des personnes secourues par les navires italiens en Méditerranée centrale. »
L’Italie a également promulgué le « décret-loi Piantedosi », entré en vigueur en janvier 2023, pour limiter les actions des ONG de sauvetage en Méditerranée. Il oblige les navires à rejoindre le port assigné par les autorités maritimes italiennes directement après chaque sauvetage, et avec ce décret, les ports attribués sont beaucoup plus loin. Les navires passent donc énormément de temps à faire des allers-retours vers les ports de débarquement avec parfois très peu de rescapés à bord, et pendant ce temps-là, des embarcations de fortune ne peuvent pas recevoir de l’aide quand elles font naufrage.
Ce décret repose justement sur la croyance décryptée au début de cet article : “si les ONG de sauvetage sont limitées dans leurs actions, le nombre d’arrivées diminuera”. Or, nous avons vu qu’il n’y a pas de lien entre les missions de sauvetage et le nombre d’arrivées. Par contre, ce décret a une conséquence bien réelle : le nombre de morts en Méditerranée continue d’augmenter avec plus de 3 000 morts en 2023. Il s’agit de l’année la plus meurtrière depuis 2016.

Alors chez Komune Média, on a décidé d’organiser un événement pour visibiliser les actions de SOS Méditerranée et le contexte actuel dans leur zone d’intervention. Les bénéfices de l’événement seront reversés à l’ONG.
Et c’est là que ça vous concerne : on vous donne rendez-vous le 22 septembre à Petit Bain à Paris pour une soirée stand-up suivi d’un concert de Médine, avec l’artiste Nephtys en première partie.
On a aussi réuni des humoristes qui font des blagues pour répondre à la peur de l’immigration et au racisme : Avotcha (@Avotcha), Arezki (@arezkisugar), Tahnee (@tahneelautre), Laury (@laury.madel) et Natacha (@natachagmz).
Il y aura aussi des prises de parole de membres de l’équipage de SOS Méditerranée, des personnes qui ont vécu la migration, etc.
Alors prenez vite vos places, attention, elles sont limitées : Lien vers les billets
Si vous ne pouvez pas venir, mais que vous souhaitez soutenir SOS Méditerranée, vous pouvez faire un dont sur leur site et une cagnotte spéciale pour l’événement est en cours de création, nous vous l’envoyons rapidement !
Et on se retrouve le 22 septembre au Petit Bain, en soutien à SOS Méditerranée (et toutes les semaines dans notre newsletter) !
Bonne semaine ☀️